Prêt à jeter ou chronique de l'obsolescence programmée
Par JC le dimanche, 6 mars 2011, 08:00 - Société - Lien permanent
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« Un produit qui ne s'use pas est une tragédie pour les affaires » lisait-on dès 1928 dans un magazine économique spécialisé.
Aujourd'hui c'est la base de notre économie et le succès de sa formidable croissance depuis plus d'un siècle. La croissance économique est devenue ainsi le Saint Graal, le but ultime, la quintessence de notre sacro-sainte société de consommation. Le problème, c'est qu'à l'heure ou notre environnement/planète souffre à grande échelle de nos excès, de nos gaspillages, de nos pollutions ... il devient évident qu'une telle idéologie, basée sur la consommation à outrance, nous conduira inéluctablement dans le mur. |
Arte diffusait il y a quelques semaines un remarquable reportage sur l'obsolescence programmée*.
C'est sur ce documentaire et les questions qu'il soulève que je vous propose de refléchir.
C'est au début de l'ère industrielle (début du XXème siècle) que ce concept d'obsolescence programmée est apparu.
Avec la production à la chaine et la baisse des coûts de production, les prix ont chûté pour le plus grand bonheur des consommateurs. Nous entrions dans la société de consommation, telle que nous la connaissons encore aujourd'hui.
Mais comment s'assurer que les consommateurs continuent à consommer ... une fois tous leurs besoins satisfaits ?
Une 1ère idée consiste à faire en sorte que les appareils soient conçus pour durer un certain temps, mais surtout pas trop longtemps !
Avec la crise de 1929, l'obsolescence programmée aurait même pu être adoptée comme une obligation légale. C'est ce qu'a voulu proposer, sans succès, Bernard London en 1932.
En plus de la durée de vie des appareils, déterminée dès leur sortie d'usine par les fabriquants, une 2ème approche consiste à « créer le besoin ». Grâce au marketing, à la publicité, en améliorant ou changeant le produit et son design régulièrement, il s'agit de séduire le consommateur et susciter son désir insatiable pour qu'il ait toujours envie d'acquérir le dernier modèle. C'est l'approche décrite par Brooks Stevens qui régit plus que jamais notre vie moderne de tous les jours.
Ainsi le consommateur achète souvent et très régulièrement pour remplacer ses appareils courants, que ceux-ci soient usés et cassés (1ère approche) ou obsolètes et dépassés (2ème idée).
La société de consommation fonctionne ainsi, bon gré mal gré, malgré les chahuts provoqués par les crash économiques périodiques, et va de l'avant depuis plus d'un siècle.
L'ennui, c'est que le seul et unique salut qu'a trouvé notre monde, notre société se trouve dans cette croissance économique basée sur le « produire toujours et encore plus ! »
Mais notre monde survivra-t-il à ce modèle ?
Rien n'est moins sur. En effet « celui qui croit qu'une croissance infinie est compatible avec notre planète aux dimensions et ressources finies est un fou ...». Et aujourd'hui, nos impératifs écologiques et environnementaux sont devenus des enjeux vitaux à traiter de manière globale.
Est-il possible, dès lors, d'imaginer une économie viable, sans obsolescence programmée et sans impact sur l'environnement ?
Certains pensent que oui. Et même sans adopter un point de vue radical, comme celui soutenu par Serge Latouche, des solutions ou propositions existent.
Approfondir le sujet :
C'est sur ce documentaire et les questions qu'il soulève que je vous propose de refléchir.
C'est au début de l'ère industrielle (début du XXème siècle) que ce concept d'obsolescence programmée est apparu.
Avec la production à la chaine et la baisse des coûts de production, les prix ont chûté pour le plus grand bonheur des consommateurs. Nous entrions dans la société de consommation, telle que nous la connaissons encore aujourd'hui.
Mais comment s'assurer que les consommateurs continuent à consommer ... une fois tous leurs besoins satisfaits ?
Une 1ère idée consiste à faire en sorte que les appareils soient conçus pour durer un certain temps, mais surtout pas trop longtemps !
Avec la crise de 1929, l'obsolescence programmée aurait même pu être adoptée comme une obligation légale. C'est ce qu'a voulu proposer, sans succès, Bernard London en 1932.
En plus de la durée de vie des appareils, déterminée dès leur sortie d'usine par les fabriquants, une 2ème approche consiste à « créer le besoin ». Grâce au marketing, à la publicité, en améliorant ou changeant le produit et son design régulièrement, il s'agit de séduire le consommateur et susciter son désir insatiable pour qu'il ait toujours envie d'acquérir le dernier modèle. C'est l'approche décrite par Brooks Stevens qui régit plus que jamais notre vie moderne de tous les jours.
Ainsi le consommateur achète souvent et très régulièrement pour remplacer ses appareils courants, que ceux-ci soient usés et cassés (1ère approche) ou obsolètes et dépassés (2ème idée).
La société de consommation fonctionne ainsi, bon gré mal gré, malgré les chahuts provoqués par les crash économiques périodiques, et va de l'avant depuis plus d'un siècle.
L'ennui, c'est que le seul et unique salut qu'a trouvé notre monde, notre société se trouve dans cette croissance économique basée sur le « produire toujours et encore plus ! »
Mais notre monde survivra-t-il à ce modèle ?
Rien n'est moins sur. En effet « celui qui croit qu'une croissance infinie est compatible avec notre planète aux dimensions et ressources finies est un fou ...». Et aujourd'hui, nos impératifs écologiques et environnementaux sont devenus des enjeux vitaux à traiter de manière globale.
Est-il possible, dès lors, d'imaginer une économie viable, sans obsolescence programmée et sans impact sur l'environnement ?
Certains pensent que oui. Et même sans adopter un point de vue radical, comme celui soutenu par Serge Latouche, des solutions ou propositions existent.
- Pourquoi ne pas exiger des fabricants qu'ils se débarrassent eux même de leurs produits en tenant compte de l'environnement ?
- Pourquoi ne pas augmenter de manière importante (X30 ou 40) le prix du transport. Ainsi il deviendrait rentable de produire des objets qui durent plus longtemps (plutôt que de les re-transporter plus souvent). Accessoirement cela peut aussi être considéré comme une piste pour lutter contre la délocalisation de la production dans des pays à main d'oeuvre bon marché.
- Enfin, pour les produits qui ont nécessairement un cycle de vie court, pourquoi ne pas envisager, dès la conception du produit, et comme on le trouve naturellement dans la nature, de ne laisser que des « nutriments » plutôt que des déchets difficiles à éliminer.
* La vidéo originale :
Malheureusement il est aujourd'hui devenu impossible de retrouver ce reportage sur Arte.tv. Vous pouvez heureusement visualiser l'intégralité de ce documentaire en suivant ces liens (4 parties d'environ 20 min chacune)
1ère partie 2ème partie 3ème partie 4ème partie
Malheureusement il est aujourd'hui devenu impossible de retrouver ce reportage sur Arte.tv. Vous pouvez heureusement visualiser l'intégralité de ce documentaire en suivant ces liens (4 parties d'environ 20 min chacune)
1ère partie 2ème partie 3ème partie 4ème partie
Approfondir le sujet :
- En finir avec la crise avec l'obsolescence programmée (En) : une proposition écrite pas Bernad London en 1932 et qui suggère de rendre cette obsolescence programmée obligatoire légalement. Une approche trop radicale qui ne sera pas suivie.
- Brooks Stevens (En), le père fondateur qui pose les bases de notre société actuelle : la consommation est stimulée par le design et le marketing. Le but est de séduire le consommateur et susciter le désir insatiable pour le dernier modèle. L'obsolescence programmée n'est pas alors une obligation légale comme pour Bernard London mais vient du consommateur.
- Vance Packard (Fr) écrit « The Waste Makers », une critique de l'obsolescence programmée.
- Serge Latouche (Fr), un opposant qui milite pour "en finir avec notre société de croissance".
